Cette année, l’artiste Elise HALLAB a été invitée en résidence de création et de médiation par la Communauté de Communes Océan-Marais de Monts dans le cadre d’un projet commun entre le Musée Charles Milcendeau, le Musée National Clémenceau – De Lattre et le Manoir des Sciences de Réaumur faisant partie du réseau des « Maisons des Illustres ».
Trois lieux, trois jardins, trois univers
Le projet de résidence de création et de médiation qui a accueilli l’artiste Elise HALLAB s’est construit autour d’une collaboration entre différents acteurs. Trois musées faisant partie du réseau des « Maisons des Illustres », le Musée Charles Milcendeau, le Manoir des Sciences de Réaumur et le Musée National Clémenceau – De Lattre. Le premier musée à avoir ouvert ses portes à Elise HALLAB est le Manoir des Sciences de Réaumur, le lieu de vie de René-Antoine Ferchaut de Réaumur qui était un physicien naturaliste fondateur de l’entomologie (l’étude des insectes), qui va mener des travaux de recherche sur l’importance de la cohabitation entre diverses espèces. Le deuxième musée à avoir accueilli l’artiste est le Musée National Clémenceau – De Lattre. Ce musée, labelisé « Musée de France », regroupe les maisons de Jean De Lattre De Tassigny et de George Clémenceau, tous deux entrés dans l’histoire politique et militaire de la France. Le dernier musée à avoir reçu la plasticienne est le Musée Charles Milcendeau, également « Musée de France », qui se divise en deux lieux, la longère dans laquelle le peintre a vécu et un musée dans lequel sont exposés plusieurs de ses œuvres et objets personnels. Milcendeau est un peintre connu pour ses représentations du marais mais également pour les peintures aux inspirations orientales qui recouvre tous les murs de sa chambre.
Le projet de résidence dans ces Maisons des Illustres s’articule autour de leurs jardins. Elles offrent toutes des jardins extraordinaires aux paysages différents, reflétant leurs occupants. Les jardins du Manoir des Sciences de Réaumur sont remplis de divers arbres et plantes, reflétant la facette naturaliste du physicien. Les jardins du Musée National Clémenceau-De Lattre abritent un magnolia grandiflora, labellisé « Arbre remarquable de France ». Et pour finir, le jardin du Musée Charles Milcendeau est au cœur du marais, le sujet de prédilection du peintre. C’est donc dans des environnements complètement différents qu’Elise a été accueillie et a pu, pour chaque musée, créer une œuvre unique et spécifique au lieu.
Pour sélectionner l’artiste, un jury s’est composé des représentants des trois lieux d’accueil, de la DRAC (Direction Régionale des Affaires Culturelles) des Pays de la Loire et du FRAC des Pays de la Loire (Fond Régional d’Art Contemporain) qui sont des institutions culturelles dotées d’une expertise dans ce domaine, mais également de la DSDEN85 (la Direction des Services Départementaux de l’Éducation Nationale de Vendée) afin de valider la démarche pédagogique de l’artiste.


Une artiste tournée vers la nature
Elise HALLAB est une artiste qui a développé, depuis 2015, une pratique particulière autour des encres végétales et de la sérigraphie. Au fil des saisons, Elise récolte des feuilles, fleurs, fruits et écorces qui lui permettent de créer ses couleurs végétales. Ce protocole de fabrication artisanale lui permet de se rapprocher des origines de la peinture à travers la fabrication des couleurs, mais également du travail de sérigraphie et de teinture réalisés à la main. Derrière ce travail, Elise explore des réflexions sur le végétal, qui est à la fois la matière première et le sujet de représentation. Elle voit le jardin comme un environnement de réflexion autour de ses formes, sa composition, son histoire et la manière dont le vivant en prend possession au gré des saisons.

Un projet d’éducation artistique et culturelle
La Communauté de Communes Océan-Marais de Monts, labellisée « 100 % EAC », développe tout au long de l’année des projets fondés sur les trois piliers de l’EAC (Éducation Artistique et Culturelle) : Fréquenter, Pratiquer et S’approprier. C’est dans ce cadre que la Communauté de Communes OMDM a organisé un projet « Arts Plastiques » auquel trois classes du territoire ont participé, allant du CP au CE2.
Le parcours a débuté par une visite du Musée Charles Milcendeau au cours de laquelle les élèves ont vu différentes œuvres du peintre et en ont appris davantage sur sa vie et ses inspirations. Accompagnés par la médiatrice du musée, les élèves ont appris à observer les œuvres, à les décrire et à développer progressivement leur capacité d’analyse. Ils ont pu également comprendre la vie de cet espace culturel et, ainsi, son rôle dans la conservation et la valorisation des œuvres.
En classe, les élèves ont participé à des ateliers aux côtés d’Elise, qui a pu partager ses inspirations et ses techniques en expliquant sa démarche et les différentes étapes du processus de création, notamment celle du matériel. Ce temps d’échange est important pour que les élèves comprennent le métier de plasticien et qu’ils saisissent qu’une œuvre est le fruit de réflexions, mais aussi d’expérimentations. Trois séances ont été organisées, au cours desquelles les élèves ont pu réaliser diverses productions. Une classe a travaillé autour de la fabrication de pastels, du dessin au pastel, inspiré du travail de Milcendeau qui était pastelliste, et de la réalisation d’un herbier. Les deux autres classes ont, quant à elles, travaillé sur le dessin géométrique, inspiré de la fresque de Milcendeau, sur la création d’encre végétale et sur la sérigraphie.
Les élèves ont également suivi une séance animée par la médiatrice de la Micro-Folie et une médiatrice du FRAC (Fond Régional d’Art Contemporain), à la Micro-Folie. Lors de cette séance les élèves ont pu découvrir à l’aide du catalogue numérique des œuvres représentant la nature et le végétal à travers diverses œuvres de différentes époques, des œuvres classiques dites « Beaux-arts » à des créations plus contemporaines.
Pour clôturer ce projet, le 27 mars dernier, le Musée Charles Milcendeau a ouvert ses portes en exclusivité aux élèves et à leurs familles le temps d’une soirée. Lors de cette restitution, les élèves ont pu prendre possession des lieux et expérimenter le rôle d’artiste et de médiateur. Ce moment privilégié a permis de valoriser leur travail tout en renforçant leur confiance en eux.


Une exposition

L’exposition « Jardin, couleur, pastel » regroupe les travaux réalisés par Elise HALLAB dans les différents lieux de sa résidence, chaque site exposant des créations spécifique à son environnement.
Au Musée Charles Milcendeau, du 4 juin au 20 septembre 2026, l’exposition présente deux œuvres, une installation plastique exposée dans la cuisine de la longère et une œuvre végétale implantée dans le jardin du peintre.
L’installation exposée dans la cuisine de la longère est une œuvre textile consacrée à la couleur. À partir des teintes utilisées par Milcendeau pour la fresque de sa chambre, Elise a composé une palette chromatique. Présentée comme un nuancier, l’installation agit comme une introduction : elle révèle les gammes de couleurs de la fresque avant d’entrer dans la chambre pour l’admirer. Cette série de peintures sur textile, a été créée selon une technique japonaise appelée hikizome, découverte par l’artiste lors de son voyage au Japon. Cette méthode traditionnelle associe la sérigraphie (teinture par réserve), technique de prédilection de l’artiste, et la peinture manuelle puisque les linges ont été teints à la main avec un pinceau.
La seconde œuvre prend la forme d’un jardin observable depuis la fenêtre du musée, mais également accessible depuis l’extérieur. Il rassemble les plantes utilisées pour la création des encres végétales utilisées pour la teinte des textiles de la première œuvre. Neuf espèces y sont présentées, l’aigremoine eupatoire, la coréopsis des teinturiers, le cosmos sulfureux, la camomille des teinturiers, la persicaire des teinturiers, la garance des teinturiers, la sarriette des teinturiers, l’œillet d’Inde et la tanaisie des teinturiers. Réalisé en collaboration avec les équipes de jardiniers d’OMDM, et notamment avec Mathis BUREAU, jardinier paysagiste du patrimoine naturel, le jardin est pensé comme une composition artistique reprenant notamment le motif circulaire des rosaces présentes dans la fresque de Milcendeau.


